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Au-delà du brainstorming pour innover en équipe |
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La
sérendipité, ou l'exploitation créative de l'imprévu
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Quatre
grands exemples, parmi d'autres, de sérendipité (de créativité
accidentelle) |
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Une
« buckyball », une molécule de 60 atomes de carbone,
découverte par hasard par une équipe de trois prix Nobel
des fullerènes, à l'origine du développement des
nanotechnologies. |
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Le
Boeing F-16 Fighting Falcon, construit au départ à deux
exemplaires par General Dynamics d'après les théories de
John Boyd et qui, par hasard, devient l'avion de combat le plus vendu
de tous les temps (de paix) : 4 000 exemplaires |
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La
première imprimante à jet d'encre de Canon, la BJ-80, et
une des dernières, dont le principe, inattendu : obtenir des goutelettes
d'encre par la chaleur et non par la pression, est découvert par
hasard à la suite d'un faux mouvement d'un ingénieur. |
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L'aspartam,
découvert par hasard par Jim Slatters en se léchant les
doigts pour tourner les pages d'un carnet de notes. |
| Un
extrait du livre L'Intelligence créative au-delà du
brainstorming. p. 31 et 35 |
Trouver
tout autre chose que ce que l’on cherchait, en saisir l’intérêt,
se remettre en cause ; décider qu’il est supérieur
à celui de l’objet originel de la recherche, et changer
derechef d’objet : c’est la sérendipité (mot crée vers 1750 par Horace Walpole, un écrivain anglais
contemporain de Voltaire en s’inspirant des Aventures des
trois Princes de Serendip (ancien nom de Ceylan, l’actuel
Sri-Lanka).
La sérendipité est reconnue par Henri Piéron dès
les années cinquante dans son Vocabulaire de la Psychologie.
En 2001, ce mot est traduit en français dans le livre de Robinson
& Stern, L’entreprise créative par une très
malheureuse périphrase (« les heureuses coïncidences »,
alors qu’il s’agit le plus souvent de l’exploitation
d’un hasard malheureux, d’un accident). Négligence
d’autant plus grave que ce processus est, pour ces deux auteurs, un des six processus-clés d’innovation.
La créativité française refuse le mot, au prétexte
qu’il ne serait pas français — quel purisme soudain
! —, alors que la plupart des découvertes et inventions
ont un caractère « sérendipitant » (qu’on
nous permette ce participe adjectivé pour traduire serendipitous de préférence à « sérendipiteux »),
et que le tiers des prix Nobel de chimie et un quart des prix Nobel
de physique sont enfants de la sérendipité.
Consécration : le prix Nobel de chimie 2000 à Heeger,
MacDiarmid et Shirakawa pour la découverte et le développement
des polymères (des matières plastiques qui sont par définition
isolantes) conducteurs de l'électricité. Voir : le discours
de réception du prix Nobel de chimie 2000 |
Le
refus de la sérendipité, un des principaux obstacles au
développement de la créativité |
| Le
refus de la sérendipité, ce mot qui amuse tout le monde,
qui ne fait pas sérieux et qui est pourtant à l'origine
de la plupart des innovations, est un des principaux obstacles au
développement de la créativité dans les entreprises. |
Les
entreprises n'en veulent pas : on ne va laisser le hasard décider
du business-plan !
Les chercheurs n'en veulent pas : ils ne vont pas laisser la paternité
de leurs inventions à la chance ! On en a même vu un, Wallace
Carothers, qui a inventé le nylon par hasard chez DuPont de Nemours
en 1935, un des grands exemples de sérendipité, et qui
ne parvenait à faire admettre à la communauté scientifique
que cette invention n'était due qu'à son seul génie,
s'en suicider de désespoir… |
Le
contraire de la sérendipité : la zemblanité |
De
même qu'Horace Walpole a forgé le mot de sérendipité
pour désigner le don de faire par hasard des découvertes
heureures, l'écrivain brirannique William Boyd a forgé
le mot de zemblanité (du nom de la Nouvelle-Zemble, une île
inhospitalière dans l'océan arctique au nord de la Russie)
pour désigner son contraire (assez proche de l'effet serendip
d'Alain Peyreffite). |
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