© 2013 Jean-Louis Swiners
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www.intelligence-creative.com
Au-delà du brainstorming pour innover en équipe

 
Nouvelle version remaniée (2013) de ce chapitre :
Zadigacité et sérendipité innovationnelle
 
Et un nouveau site : www.zadigacite.com

 
La sérendipité,
ou l'exploitation créative de l'imprévu

 

Six grands exemples, parmi d'autres, de sérendipité (de créativité accidentelle)
.....Post-it Notes........
  Micro-ondes   Velcro
Le Post-it. Un premier moment de sérendipité. Un adhésif découvert par hasard en s'amusant. Un deuxième moment de sérendipité. Une application découverte par hasard en chantant. Et 20 ans de pugnacité pour en faire un succès commercial.
……
Le micro-ondes. Trouver une idée alors que l'on n'en cherchait pas vraiment mais que l'on était attentif. Un moment de sérendipité
 
Le Velcro. Un grand moment de « vraie » sérendipité, une sérendipité de type IV. Trouver une idée d'innovation en observant le fruit d'une mauvaise herbe au microscope. Et une exploitation créative sans faille.
Viagra
  Pénicilline   Édulcorants
Le Viagra. La récupération marketing de l'effet secondaire indésirable — des érections intempestives — d'un médicament pour les affections cardio-vasculaires. Une sérendipité de type I.
  La pénicilline. « Dans les sciences de l'observation, le hasard ne profite qu'aux esprits préparés. » (Pasteur). Une leçon de pugnacité et de travail en équipe.
Une sérendipité de type IV.
  Les édulcorants E952, E951, E950, E995, « Diet », « sans sucre », « zéro calorie », des boissons et des aliments, tous fruits de moment de sérendipité de type I.

LSD_hallucinations   LSD-velo  
buckyball

Amériques
  Christophe Colomb

La sérendipité ou l'exploitation créative de de l'imprévu (2005)

Plan de présentation de la sérendipité sur ce site
Un historique (1945-2008)
  • Quelques définitions marquantes, de Walpole à 2008
  • Domaines et exemples de sérendipité
  • Les quatre grands types de sérendipité (Version 2004)
  • Les quatre grands types de sérendipité innovationnelle (Version 2013)

Un extrait du livre L'Intelligence créative au-delà du brainstorming. p. 31 et 35
Trouver tout autre chose que ce que l’on cherchait, en saisir l’intérêt, se remettre en cause ; décider qu’il est supérieur à celui de l’objet originel de la recherche, et changer derechef d’objet : c’est la sérendipité (mot crée vers 1750 par Horace Walpole, un écrivain anglais contemporain de Voltaire en s’inspirant des Aventures des trois Princes de Serendip (ancien nom de Ceylan, l’actuel Sri-Lanka).
La sérendipité est reconnue par Henri Piéron dès les années cinquante dans son Vocabulaire de la Psychologie. En 2001, ce mot est traduit en français dans le livre de Robinson & Stern, L’entreprise créative par une très malheureuse périphrase (« les heureuses coïncidences », alors qu’il s’agit le plus souvent de l’exploitation d’un hasard malheureux, d’un accident). Négligence d’autant plus grave que ce processus est, pour ces deux auteurs, un des six processus-clés d’innovation.
La créativité française refuse le mot, au prétexte qu’il ne serait pas français — quel purisme soudain ! —, alors que la plupart des découvertes et inventions ont un caractère « sérendipitant » (qu’on nous permette ce participe adjectivé pour traduire serendipitous de préférence à « sérendipiteux »), et que le tiers des prix Nobel de chimie et un quart des prix Nobel de physique sont enfants de la sérendipité.
Consécration : le prix Nobel de chimie 2000 à Heeger, MacDiarmid et Shirakawa pour la découverte et le développement des polymères (des matières plastiques qui sont par définition isolantes) conducteurs de l'électricité. Voir : le discours de réception du prix Nobel de chimie 2000

Le refus de la sérendipité, un des principaux obstacles au développement de la créativité
Le refus de la sérendipité, ce mot qui amuse tout le monde, qui ne fait pas sérieux et qui est pourtant à l'origine de la plupart des innovations, est un des principaux obstacles au développement de la créativité dans les entreprises.

Les entreprises n'en veulent pas : on ne va laisser le hasard décider du business-plan !
Les chercheurs n'en veulent pas : ils ne vont pas laisser la paternité de leurs inventions à la chance ! On en a même vu un, Wallace Carothers, qui a inventé le nylon par hasard chez DuPont de Nemours en 1935, un des grands exemples de sérendipité, et qui ne parvenait à faire admettre par la communauté scientifique que cette invention n'était due qu'à son seul génie, s'en suicider de désespoir…


Le contraire de la sérendipité : la zemblanité
De même qu'Horace Walpole a forgé le mot de sérendipité pour désigner le don de faire par accident et par sagacité des découvertes heureuses, l'écrivain brirannique William Boyd a forgé le mot de zemblanité (du nom de la Nouvelle-Zemble, une île inhospitalière dans l'océan arctique au nord de la Russie aux antipodes de l'ile de Sérendip) pour désigner son contraire (assez proche de l'Effet serendip d'Alain Peyreffite) : faire méthodiquement et par stupidité des découvertes malheureuses.

 
 
 
 

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Dernières modification de la page : le 11 juin 2013 à 12h30